LinLin ne présente pas DISCO INFERNO comme un virage vers la musique de club, ni comme un album de rap simplement décoré de synthétiseurs. Sorti le 29 mai, son premier long-format revendique plusieurs langages à la fois : rap, pop, house, punk et chanson. Dans un entretien publié le 17 septembre par Booska-P, l’artiste du Val-de-Marne revient sur la fabrication de ce projet et sur le pari de conserver cette pluralité sans perdre son identité.
Un album court pour installer un univers
La fiche d’Apple Music date la sortie de DISCO INFERNO au 29 mai 2026 et répertorie douze titres pour vingt-neuf minutes. L’album est crédité à PUNK RECORDS. Ce format resserré évite de transformer l’éclectisme en succession de tentatives séparées : les morceaux forment un parcours bref, avec des changements de texture qui restent contenus dans la même proposition.
La classification de la plateforme range le disque en pop, mais cette étiquette n’épuise pas l’intention de LinLin. Dans son entretien avec Booska-P, elle explique se reconnaître dans le rap tout en explorant des formes différentes. La nuance est importante : l’identité d’une artiste ne se réduit pas à la catégorie d’un service de streaming, surtout lorsqu’un même disque circule entre plusieurs scènes.
Mob, partenaire de création plutôt que simple exécutant
L’entretien décrit un travail construit avec Mob, son collaborateur de longue date. Leur méthode n’est pas un protocole unique : parfois une production arrive avant la voix, parfois la musique se développe à partir d’une prise, et les deux peuvent composer ensemble en studio. Cette souplesse se retrouve dans la variété des arrangements. Elle explique aussi pourquoi l’album ne sonne pas comme une succession de featurings : LinLin a choisi de porter seule ce premier projet afin de présenter son univers avant d’inviter d’autres artistes.
Le crédit du label PUNK RECORDS indique une structure de sortie identifiable, mais il ne suffit pas à établir à lui seul le degré d’indépendance économique ou la répartition des revenus. Ce que les éléments publics permettent de dire, plus modestement, c’est que le disque paraît sous ce label et que l’artiste place le travail créatif avec Mob au centre de son récit.
Le dancefloor comme terrain d’écriture
Sur l’album, la house n’est pas qu’une couleur sonore. LinLin raconte avoir voulu se rapprocher de la house de Chicago et chercher une manière de poser en français sur ces textures. Le défi consiste à préserver la précision du texte sans immobiliser la pulsation. À l’écoute, les titres courts, les interludes et les variations de tempo font du disque une expérience pensée pour l’enchaînement, plutôt qu’une collection de singles interchangeables.
Le choix de mélanger les genres a aussi une dimension de représentation. LinLin dénonce dans l’entretien les cases qui assignent certaines artistes à un registre dès leur arrivée. Son album répond par la pratique : il fait cohabiter plusieurs influences sans devoir justifier chacune d’elles comme une exception. Cela ne signifie pas que les frontières musicales n’existent plus, mais qu’elles peuvent devenir des matériaux de création plutôt que des règles de classement.
La suite se jouera sur scène et dans les prochaines sorties
Booska-P rapporte que LinLin prévoit de prolonger ce projet sur scène et annonce d’autres développements avant la fin de l’année. Ce sont des éléments donnés par l’artiste dans l’entretien, non un calendrier exhaustif déjà confirmé par un programme de tournée. Ils indiquent toutefois que DISCO INFERNO est conçu comme le point de départ d’un univers à faire vivre, et pas seulement comme un album isolé.
Trois mois après sa sortie, la question n’est donc pas de décider si LinLin appartient davantage au rap ou à l’électro. L’enjeu est de voir si cette liberté de forme peut s’installer dans la durée, en studio comme sur scène. DISCO INFERNO avance une réponse concrète : une rappeuse peut bâtir son premier album autour du dancefloor sans abandonner l’écriture, et faire de l’éclectisme une ligne de conduite plutôt qu’un argument de campagne.
