Scylla et Furax Barbarossa ont publié Jungle Noire le 25 septembre, un an après leur premier album commun, Portes du désert. Le projet confirme que leur collaboration ne s’est pas arrêtée à une réunion ponctuelle : selon France Inter, il s’agit de leur deuxième album à deux. L’objet rassemble les deux voix, des invités reconnus du rap francophone et une écriture qui place le texte au centre de sa présentation. Un détail demande toutefois une précaution éditoriale : les sources consultées ne s’accordent pas sur le nombre de titres.

Quinze morceaux dans les catalogues, dix-sept dans l’introduction de RFI

La fiche d’Apple Music affiche quinze morceaux et une durée d’une heure quatorze. La présentation de l’émission À la régulière sur France Inter confirme elle aussi un album de quinze titres. En revanche, l’introduction de l’entretien publié par RFI décrit Jungle Noire comme un ensemble de dix-sept morceaux. Nous signalons cette divergence plutôt que de la gommer : les catalogues consultés et France Inter retiennent quinze, alors que le texte de RFI mentionne dix-sept.

Cette différence peut relever d’une évolution de la liste, de versions distinctes ou d’une erreur de présentation, mais les pages disponibles ne permettent pas de trancher. Il serait hasardeux de choisir une explication sans confirmation des artistes ou du label. Dans cet article, le décompte de quinze est attribué aux plateformes et à France Inter; l’autre chiffre reste explicitement rapporté comme une contradiction entre sources, non comme un fait résolu.

Une collaboration qui a débordé son plan initial

Dans son échange avec France Inter, le duo raconte que le nouvel album est né au fil des sessions de Portes du désert. Une idée limitée à quelques titres supplémentaires s’est progressivement élargie jusqu’à devenir un projet autonome. Cette origine éclaire le lien entre les deux disques : Jungle Noire prolonge une collaboration déjà installée, mais ne se réduit pas à une simple réédition augmentée.

Les artistes ont également décrit à RFI leur attachement à l’écriture et au travail de plume, tout en reconnaissant que les codes du rap évoluent avec les générations. Cette position n’est pas une mesure objective de la qualité du genre; elle exprime le regard de deux rappeurs sur leur propre pratique et sur leurs priorités. Le nouvel album se comprend donc comme une proposition située : défendre le texte sans prétendre que tous les publics ou toutes les formes de rap doivent répondre aux mêmes critères.

Des invités qui relient plusieurs scènes

La tracklist et les annonces des médias mentionnent notamment IAM, Soprano et Alonzo, Caballero et JeanJass, ainsi qu’Isha. Sur « Avec le temps », Apple Music crédite Akhenaton et Shurik’n; « Khabib » réunit Soprano et Alonzo; « Puis j’oublie » associe Caballero et JeanJass; « Horizons » accueille Isha. Ces participations donnent au disque plusieurs points de rencontre entre des artistes de générations et d’horizons différents.

Une liste d’invités ne permet pas, à elle seule, de mesurer l’effet de chaque morceau ni la place de chacun dans la création. Elle montre cependant que le projet ne repose pas uniquement sur la relation entre ses deux têtes d’affiche. Les collaborations sont des passages qui élargissent l’album, tout en laissant Scylla et Furax au cœur du récit commun.

Un format à contre-courant des titres brefs

France Inter relève que la durée des morceaux est généreuse : aucun des quinze titres ne descend sous trois minutes, et certains dépassent cinq minutes. Les artistes expliquent ne pas avoir composé en fonction de contraintes de longueur imposées par les plateformes. Ce parti pris donne de l’espace aux couplets et aux échanges, mais il engage aussi l’auditeur dans une écoute plus longue que celle d’un album optimisé pour la consommation rapide.

Le choix ne garantit pas en soi la profondeur d’un morceau, pas plus que la brièveté ne prouve une superficialité. Il signale plutôt un rythme de travail et une ambition de forme. Avec Jungle Noire, Scylla et Furax prolongent un dialogue artistique construit au fil des années, tout en accueillant d’autres voix. Le disque est désormais disponible; son accueil et sa place dans leurs catalogues se mesureront avec le temps, sans qu’il soit nécessaire de résoudre artificiellement la divergence de comptage.